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Suivi de la sécheresse par la Fédération de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques du Tarn et Garonne
Publié le 27 août 2012
L’important travail de suivi de la sécheresse effectué par la Fédération de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques du Tarn-et-Garonne (FDPPMA82) est sans équivoque !

La situation hydrologique départementale s’est aggravée depuis le 27 juillet 2012 :

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Sur 182 points d’observations effectués le 23/08/12, 14 points supplémentaires sont en assec (soit plus de 2 fois plus que le 27/07/12), 13 points supplémentaires sont en rupture d’écoulement (soit plus de 50% de plus que le 27/07/12). Ce que laissaient présager nos observations alarmistes du 27 juillet 2011 - transmises le jour-même aux services de l’Etat - s’est donc produit, malgré les précipitations des 4, 5 et 15 août. Les mesures de restriction n’ont donc eu aucune efficience quant à la non-dégradation de l’hydrologie départementale. Sur l’ensemble des points suivis, il n’y a plus aucune vie aquatique possible sur 14% d’entre-eux (assec) et la survie des organismes est plus que compromise sur 24%... pour le reste, les populations n’en sont pas moins en péril (oxygénation, capacité d’accueil,...) et certaines espèces, pour les plus sensibles, devraient disparaitre. Aucun secteur du département n’est épargné : en plus d’être critique, la situation est uniforme. Ce sont ainsi pas moins de 25 cours d’eau sur lesquels la situation s’est significativement dégradée depuis le 27/07/12 (ruptures d’écoulement ou passage en assec). Ce serait tout de même le Nord du Département qui se serait le plus dégradé depuis le 27/07/12.

La situation hydrologique départementale est bien pire qu’en 2011 à la même date : La situation est même plus critique qu’en 2011 à la même période (RESUS du 23/08/12), notamment sur des bassins versants comme la Barguelonne et le Lemboulas sur lesquels on voit « craquer » certains cours d’eau qui connaissaient encore un écoulement même lors d’étiages extrêmes (comme 2011) : c’est le cas du Lendou, de la Barguelonne et de petits affluents du Lemboulas, qui ne lui permettent plus d’avoir qu’un maigre débit, proche de 0.

Mais que fait la police ? Ces débits sont enregistrés en temps réels par les services de l’Etat sur une douzaine de cours d’eau (principaux). Comparés à des valeurs réglementaires, ce suivi permet de prendre des mesures de restriction pour « gérer » les situations de crise... Le problème : ces stations de mesure ne sont absolument pas précises dans de faibles gammes de valeur... il passerait ainsi en ce moment quelque chose comme 75 l/s sur le Tescou à Saint Nauphary et 3.5 m3/s sur l’Aveyron à Loubéjac... Petit jeu pour les Montalbanais : essayez d’aller apprécier ces débits (Q=Section d’écoulement x Vitesse). Nul besoin d’être spécialiste pour se rendre compte que les valeurs sont fausses. La démonstration sur ces exemples peut être étendue à la majorité des stations départementales... Le problème, c’est que les mesures de restrictions sont calées sur des valeurs réglementaires (savants calculs statistiques), définies par rapport à ces valeurs mesurées. Les dés sont donc pipés à la base.

De réelles mesures de gestion Certes, aujourd’hui, tout le bassin du Lemboulas, toute la Barguelonne et ses affluents, la Séoune,... sont en restriction totale... sauf « cultures spéciales » et maïs semence, autorisés à 50% ! On interdit juste d’arroser les cultures non-irriguées ! Sans exagérations, comprenez plutôt qu’on incite, dans un département dans lequel les ressources en eau sont fragiles, les agriculteurs à développer ces « cultures spéciales » et maïs semence, seules cultures finalement à ne pas être trop impactées par la sécheresse. L’irrigation va donc bon train, mêmes aux heures les plus chaudes de la journée... il serait intéressant de connaître le réel apport en eau, une fois les pertes par évaporation enlevées...

La technique de l’autruche De toute façon, le constat est triste et clair : une fois que ces restrictions tombent - et pour les raisons énoncées précédemment, les jeux sont faits : les nappes ont déjà été mises à mal (état exceptionnellement bas des nappes connu depuis des mois, sans amélioration significative depuis l’étiage 2011, qui a duré jusqu’en mars 2012, du jamais vu) et les cours d’eau ne peuvent, en aucune façon, s’en relever.

La profession au service de la gestion hydrologique Voilà comment se fait la gestion des étiages en Tarn-et-Garonne, un des rares départements où les réunions hebdomadaires de la cellule sécheresse se tiennent sans la FDPPMA... plus facile pour occulter les enjeux environnementaux... qui ne sont que le reflet des risques encourus en terme de salubrité publique.

La France en marche pour l’Atteinte des Objectifs de la Directive Cadre sur l’Eau La FDPPMA assiste donc, impuissante, à ce triste spectacle, améliorant d’année en année ses capacités de connaissance et de suivi des milieux aquatiques. Mais elle assiste toujours aux mêmes dérives, en l’absence de prise de conscience du véritable intérêt général et c’est ainsi, par exemple, que sont encore construites, tous les ans, de nouvelles retenues, interceptant les écoulements qui n’arrivent donc plus jusqu’au cours d’eau, dans un département où on en compte au moins près de 4000 ! Il serait temps de penser à un moratoire départemental.

Contact presse : Fédération de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques du Tarn et Garonne 275, avenue Beausoleil - 82000 Montauban

Guillaume PAULY, Directeur Technique Tél : 05.63.63.09.18 courriel : guillaume.pauly@fedepeche82.fr Claude DEJEAN, Président Tél : 05.63.63.01.77 courriel : claude.dejean2@wanadoo.fr

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