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Moulins et sècheresse
Publié le 13 mai 2011
Ce printemps est particulièrement sec et les pouvoirs publics prennent « des arrêtés sècheresse ». Au cas où ces décisions se multiplieraient, les usagers*, sur qui pèseraient des mesures de restriction d’usage de l’eau (arrosage champs et jardins, utilisations domestiques), en seraient les premières victimes.

2011 ne constitue en rien une année exceptionnelle : des arrêtés sècheresse sont désormais régulièrement pris et ils interdisent aux propriétaires de moulins la manœuvre de leurs vannes : elles doivent rester fermées afin de « préserver la ressource en eau et celle des milieux aquatiques », autrement dit, préserver, par exemple, la faune piscicole à qui les mêmes gestionnaires de moulins seraient censés nuire le reste du temps.

Un de ces textes déclare qu’en temps de sècheresse : « la manœuvre des ouvrages hydrauliques est de nature à aggraver la situation hydrologique précaire des cours d’eau ». On ne peut être plus clair sur le rôle bénéfique des seuils pour maintenir un bon niveau d’eau, sur leur utilité pour la collectivité.

Dans les années à venir, des sècheresses surviendront encore, sans doute plus fréquentes et plus longues. Mais, combien de retenues d’eau de moulins subsistera-t-il pour réduire leur impact, après que les programmes publics de destruction des seuils, destinés à « rétablir la continuité écologique des cours d’eau », auront été réalisés ? Rappelons maintenant à nos élus que les petits barrages, les seuils, ont de grands effets, des effets bénéfiques multiples, au bénéfice des hommes et de l’économie, alors qu’ils sont contestés par ceux qui ne voient en la rivière qu’un androïde à qui il aurait été interdit de « divaguer », à qui l’on aurait supprimé « son espace de respiration », termes de leur vocabulaire. N’en déplaise à leurs auteurs, les moulins et leurs seuils figurent parmi les aménagements les plus respectueux de la nature face à l’activité humaine, les plus utiles au vu même des mesures prises.

Nos seuils, munis de leur système de vannages, permettent :
-  la préservation de la ressource en eau et donc une part du prélèvement pour l’irrigation,
-  l’utilisation de l’énergie hydraulique, de plus en plus précieuse avec l’épuisement des énergies fossiles,
-  l’atténuation des crues : le lissage des débits participe à la sécurité des biens et des personnes,
-  le maintien du lien entre les eaux de surface et celles de la nappe phréatique,
-  la participation à la continuité écologique par une restitution programmée de la réserve,
-  la sauvegarde d’un niveau d’eau autour duquel se sont construits nos villages, nos routes et nos ponts,
-  et cette liste... n’est sans doute pas exhaustive ! Comment les pouvoirs publics pourraient-ils faire preuve d’un minimum de cohérence, d’une logique élémentaire et préconiser à la fois les destructions des seuils et le maintien d’un niveau d’eau, grâce aux seuils, en période de sècheresse ? Il faut cette fois poser la question à ces mêmes pouvoirs publics, à nos élus.

Rapprochons-nous des personnes concernées par la rivière :
-  les hommes et les femmes, les plus nombreux, soucieux de concilier économie et écologie,
-  les agriculteurs sur lesquels pèsent des menaces du même ordre que les nôtres,
-  les producteurs d’électricité sur qui planent des restrictions d’usage,
-  les pêcheurs qui préfèrent, en désaccord avec leur hiérarchie, une belle retenue à un ruisseau à sec,
-  les acteurs du tourisme et les touristes pour lesquels la présence d’eau constitue un attrait essentiel,
-  les hommes et les femmes qui se battent contre des rejets hautement pollueurs : décharges sauvages, filtration des eaux usées imparfaite, rejets médicamenteux, ... Le moment nous est favorable, agissons :
-  prenez des photos (parlantes !) des seuils « effacés » et montrons les méfaits de cette action,
-  précisez quelles rivières ont fait l’objet d’un arrêté sècheresse,

Source : la Fédération Française des Associations de sauvegarde des Moulins (FFAM), sa commission de l’eau et des seuils travaillent sur cette question. Vous pouvez entrer en contact avec la personne chargée de son pilotage, Hubert VILLENEUVE, « h.villeneuve@wanadoo.fr ».

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